18- De Ushuaia à El Calafate en passant par le Parque Torres del Paine

Dimanche 27 novembre 2016, nous nous sommes donc arrêtés à Puerto Almanza, dans un petit restaurant de pêcheur où nous avons pu déguster araignée de mer fraichement sortie de l’eau, saumon, purée de papas, …. Excellent.



Nous sommes d’abord seuls dans le restaurant, mais rapidement, deux couples arrivent et scrutent le van garé devant.
En entrant, l’un des deux couples, Leticia et Alejandro, viennent aussitôt nous saluer en français. Ils nous disent avoir vécu quelques années à Paris, et en quelques minutes, nous savons que nous aurions beaucoup aimé mieux les connaître. Seulement nous devons prendre la route vers le nord et eux ont un programme pour ce WE avec les parents de Leticia en visite de Buenos Aires. Ils ne remontent chez eux, à Rio Grande, que lundi. Dommage mais c’est ainsi.
Après avoir échangé nos coordonnées, nous repartons vers Tolhuin. On va repasser dans notre chouette camping Hain car on a besoin d’une bonne douche… Se laver dans les lacs, c’est bien, mais pas suffisant…
Nouvel accueil adorable au camping qui cette fois est bien plus rempli que la semaine passée. En effet, c’est un week-end de 3 jours pour les argentins, et ils sont nombreux à profiter de ces belles journées (venteuses quand même à Tolhuin) pour s’adonner au plaisir du barbecue et de la vie en plein air… La douche est réparatrice mais la nuit beaucoup moins, encore une fois à cause de notre meilleur ennemi le vent…
Le lendemain on avait prévu un stop en station pour envoyer des devoirs CNED et avancer sur le blog et ce n’est finalement que vers 16 heures que nous prenons la route pour Rio Grande à 100 km …
En arrivant, nous nous abritons dans une station-service du centre-ville pour décider de notre point de chute pour la nuit. On avait prévu de s’arrêter à la frontière mais il est manifestement trop tard pour aller jusque-là. Nous nous apprêtions à repartir pour notre station du bord de mer lorsque soudain, qui voit-on arriver ? Leticia ! Ils rentrent de leur long week-end à l’instant. Elle nous dit que c’est vraiment la magie du hasard de se trouver ici, car habituellement, quand ils rentrent de week-end, ils se rendent directement chez eux ; mais là, la jauge essence de la voiture était franchement dans le rouge et ils avaient peur de ne même pas pouvoir revenir faire le plein… La magie se poursuit car ils nous invitent à passer la nuit bien au chaud chez eux ! Les filles sont aux anges.
Ils vivent dans une magnifique maison de style canadien, très grande, sur le bord de mer, dans une résidence privée au calme. C’est vraiment un endroit très agréable.
Alejandro va même jusqu'à descendre du grenier la « vieille » PS3 de son fils, au (très) grand bonheur de Thomas qui n’a pas touché un jeu vidéo depuis notre départ… Pendant ce temps, Leticia est aux petits soins pour les filles : activités manuelles, déguisements et surtout préparation d’un petit spectacle ! Les filles sont ravies. On échange sur la vie de chacun, la vie à Rio Grande, qui est loin d’être simple. C’est vraiment un très bon moment.


Spectacle sur Jour 1 de Louane!



Le lendemain, petit déj tranquille, puis Ben repart en ville pour trouver une nouvelle quincaillerie, pour trouver le matériel qui permettra de reprendre la réparation de fortune si elle devait ne pas tenir. Il faut aussi trouver un autre gonfleur, en cas de crevaison…
Alejandro qui bossait, nous fait le plaisir de revenir pour le déjeuner avant qu’on ne reprenne la route, c’est super gentil. Nous sommes tristes de partir ; on était tellement bien avec eux, mais toutes les bonnes choses ont une fin… C’était vraiment une superbe rencontre, on espère se revoir bientôt, peut-être en France…
Direction donc la frontière Chilienne. On croise les doigts pour qu’ils ne soient pas en grève…
C’est bon, tout se passe bien. L’entrée au Chili est simple, ils n’ont plus rien à nous prendre, nous sommes bien préparés. On reprend le chemin de terre, et en fin de journée, nous arrivons à côté d’un petit parc de protection de manchots royaux, le Parque Pingüino Rey sur la Bahia Inútil. Baie Inutile, quel drôle de nom ! Wikipedia nous dit que la baie, qui donne directement sur le détroit de Magellan, a été nommée ainsi en 1827 par un capitaine britannique qui trouvait qu’elle n'offrait « ni ancrage ni abri, ni aucun autre avantage pour le navigateur ». Ça a le mérite d’être clair… En tout cas, c’est très joli.
Il est 19h00, le parc est fermé, il nous faut trouver un endroit pour la nuit. Et là on comprend le capitaine car joli ne fait pas un abri dans ce milieu « hostile ».
On aperçoit cependant à quelques centaines de mètres un camion 4x4 à l’arrêt. Il s’agit d’un couple de Suisses qui voyagent comme nous en Amérique du Sud. On leur demande si on peut se cacher derrière leur immense engin pour la nuit. Ils acceptent sans problème avec un petit sourire, ils ont l’habitude… Autre bonne surprise, juste à côté, il y a un refuge en taules équipé d’une table, de 2 bancs, et de lits superposés, c’est parfait. On va pouvoir diner à l’abri. Au final, Ben et Thomas s’installeront même dans le refuge pour la nuit pour éviter d’ouvrir la tente de toit qui, malgré le grand Man, aurait été bien exposée.



Couleurs de dingo au coucher de soleil
notre 5 étoiles

Après une nuit de sommeil tout de même bruyante, on se rend au le parc. Tout va bien, les manchots sont bien là… Petite explication de la part des guadaparques notamment sur l’évolution de leur apparence selon leur âge, et on se rend à proximité de la plage où se trouve la colonie. Nous ne pouvons pas nous approcher à moins de 50 mètres, cachés par de grandes palissades pour ne pas les déranger, mais c’est aussi bien.



Ils peuvent dépasser le mètre de hauteur, et il y a un petit qui paraît plus gros que les adultes du fait de son pelage différent tout brun. C’est un jeune qui a l’air d’être tenu à l’écart du groupe.


On passe un peu plus d’une heure sur place à observer leur comportement, leurs allées et venues, c’est vraiment un beau spectacle.

Un zoro à côté de la voiture
Il est temps de repartir pour repasser le détroit de Magellan, en espérant avoir autant de chance qu’à l’aller. Sur la route, nous rencontrons quelques difficultés avec le turbo. Nous roulons contre le vent, le turbo se met donc souvent en marche, et le manchon PVC se déboîte. On se cale à 70 km/h et ça va mieux… Ça doit tenir de toute façon, mais la route va être longue…

Le détroit dans l'autre sens
Nous visons un parc chilien de vieux volcans qui se trouve à la frontière Argentine, le parc Pali Aike... C’est perdu au milieu de rien, mais les quelques personnes qui l’ont visité nous ont dit qu’il valait le détour. Le guardaparque, très sympa, accepte que nous rentrions dans le parc pour faire une petite marche avant la nuit, et que nous passions la nuit à côté sa maison.

Nos grandes voisines 
Maïder bomb
Calceolaria typique du parc. Les anglais l'appellent "Sand lady's slipper" (la pantoufle des dames)


Bizarre, ce soir le vent souffle de l’Est, or normalement, il souffle toujours de l’Ouest… On positionne la voiture face à l’Est, on verra bien. Le guardaparque nous assure qu’il y aura peu de vent cette nuit, tant mieux. On dine tranquillement, et il nous invite à faire notre vaisselle dans sa cuisine, pendant qu’il suit un match de foot… Il va même jusqu'à nous préparer du pain, c’est super sympa…

Notre super guardaparque
On suit le match en live, même de l’extérieur, grâce à ses cris et ses encouragements. Trop drôle……
Vers 2 heures du matin, le vent… d’ouest ;-)) souffle très fort et Ben est obligé de tourner la voiture, pour arriver à dormir un peu… On commence à être habitué…
Réveil tranquille, puis vers 10h30, le guadaparque vient voir Ben, un peu affolé, en lui disant qu’il faut que nous partions car son chef vient lui rendre visite et qu’il n’a normalement pas le droit de laisser dormir des gens dans l’enceinte du parc… On replie les bagages, et on repart donc fissa dans le parc.
Keral n’est pas en forme, les filles sont fatiguées, du coup, seuls Ben et Thomas partent faire une petite marche de 2 heures à la découverte des anciennes coulées de lave des deux volcans à proximité. C’est vraiment très beau et impressionnant.




En milieu d’après-midi, nous repartons en direction de Puerto Natales… 80km de piste sans problème, puis la route goudronnée, enfin…
Puerto Natales est une petite ville relativement tranquille et agréable… Seul problème, le vent souffle encore très fort. On demande donc l’hospitalité au gardien de l’immense gymnase municipal qui nous fera un parfait abri, accès aux WC en prime. C’est très sympa, les enfants assistent au dernier entrainement de futsal. On passe une bonne nuit.
Le lendemain, opération connexion CNED et recherche de colliers de serrage pour la durite (ceux de Rio Grande étaient trop grands).
La matinée CNED s’éternise une nouvelle fois et ce n’est qu’en fin de journée que l’on prend la route pour le parc Torres Del Paine, distant d’une centaine de kilomètres. Route sans problème, et à quelques centaines de mètres du parc, à la sortie d’un virage, nous tombons nez à nez avec un … puma ! Il est tranquille, nous regarde passer, et remonte la pente à côté de la route… Moment de doute pour Keral qui se précipite dehors pour immortaliser cette « rencontre » par une petite photo mais se ravise car sortir du véhicule n’est pas forcément le meilleur choix face à ce gros chat… Elle ne sort finalement que quand il s’est éloigné un peu. Echange de regard, impressionnant.


Nous arrivons à l’entrée du parc. La guadaparque nous indique que nous pouvons rester dans le parc que deux nuits. Du coup, elle nous propose de dormir sur le parking à côté de l’office, et d’entrer seulement demain matin.
Le lendemain, le temps est gris et pluvieux. Après un faux départ (Louise a oublié son gilet dans les toilettes de l’office…), nous nous rendons au centre touristique, afin de savoir quel est le meilleur moment pour effectuer la randonnée des Torres… Surprise, personne n’est capable de nous répondre sur les conditions météo des jours à venir, chacun nous dit que nous sommes en Patagonie, et que les conditions météo changent très vite…. Merci, ça, on savait…
On décide d’attendre le lendemain pour faire la randonnée, d’autant plus que le parc est très grand et qu’on aurait été au point de départ bien trop tard pour une marche à la journée… Première balade tranquille pour aller voir de plus près le glacier et les icebergs bleus turquoise du Lago Grey, sympa.



Tango sous la pluie

Hummm




L’après-midi, nouvelle rando qui fait mal aux pattes, pour le Mirador Ferrier. Deux heures de montée avec près de 700 mètres de dénivelée, mais tout le monde tient le choc. Au final, on a une magnifique vue sur tout le parc. On adore.



Obligés de se cacher derrière les rochers pour se protéger d'un vent qui fait même vaciller Ben !
Mélange à la Louise : aujourd'hui on teste carotte-chocolat. A priori ça passe bien
Elle est aussi à fond sur les énergies renouvelables au programme de géo: voici nos ptites éoliennes
On reprend la route vers l’autre côté du parc… 50km de jolie piste, qui longe des lacs, une belle cascade, très sympa.

Les nuages se lèvent

Pour la nuit, on s’arrête sur le parking de l’entrée Amarga, à l’ouest … Pas super confortable, les toilettes sont à 200 mètres, il n’y a pas d’abri, mais pas trop le choix car on ne peut bivouaquer où on veut, ce qui se comprend dans ce parc très fréquenté.

On ne va pas se plaindre, on a la vue sur les Torres
Et un superbe coucher de soleil
Après une nuit relativement calme, on se rend au départ de la randonnée des Torres. Le temps est moyen. Les filles de l’accueil sont beaucoup plus au fait des prévisions météo et nous conseillent de ne monter que le lendemain. Elles utilisent le site Windguru qui semble assez fiable en Patagonie. On décide de faire une petite randonnée le long du lago Nordernskjöld (non, nous ne sommes pas passés en Islande, on est bien au Chili !). Sur le chemin, on aperçoit le camping-car de nos amis Franco-Québeco-Norvégiens rencontrés à San Julian… Ils ne sont pas là, mais on laisse un petit mot… Au final, on se loupera de peu, car ils sont repartis vers Puerto Natales dans l’après-midi. Dommage.

Ça a l'air tout doux mais c'est un lit d'épines


Séances d'étirements
La tête en bas ça marche aussi ? 
Fin de journée et nuit tranquille au camping. Très cher, mais plutôt confortable et surtout pile au point de départ de la rando des Torres. On discute avec des campeurs mécontents. En effet, pour pouvoir faire la randonnée du W autour des Torres Del Paine (environs 80Km), il faut réserver ses nuits dans les différents refuges, et payer en avance. Le problème est que l’un des ponts du W s’est effondré la veille, et la seule solution proposée aux randonneurs est de prendre le bateau du Lago Grey en payant plein pot, et surtout en perdant leurs autres réservations, sans espoir d’être remboursés. Et la goutte d’eau est que le camping, appartenant pourtant à la même société qu’une partie des refuges refuse de pratiquer des conditions préférentielles pour ces campeurs qui n’ont d’autre choix que de venir ici… Le top… Certains, comme un couple de lyonnais que nous avons rencontrés le matin et que nous avons pris en stop, ont refusé de prendre le bateau, et ont fait plus de 70km à pied pour regagner le camping… Organisation zéro, « à la Chilienne » diront certains… Heureusement, eux sont au top de leur condition physique (on va les croiser par deux fois dans la montagne en train de courir, pendant que nous randonnons tranquillement ;-))) Respect.

Promenade digestive avec les filles

Bref, nous partons enfin à l’assaut des Torres del Paine. Le temps est beau et clair dans notre secteur, on a bon espoir de bien voir les tours. La première partie de la randonnée de 7 heures est assez difficile, la seconde dans les bois est tranquille, et la dernière heure est carrément épuisante… Il y a beaucoup de monde sur cette randonnée, les filles souffrent, surtout dans la dernière partie sous le soleil, mais le résultat est là. Nous sommes au pied des Torres Del Paine, autour du lac. Elles sont complètement dégagées, et le spectacle est magnifique… Tout le monde est vraiment content. 




Nous restons sur les rochers un peu plus d’une heure avant de redescendre. 





On décide de rester une seconde nuit au camping, il est tard, et on a bien mérité une autre douche. Une très belle journée, mais qui fait mal aux jambes. Demain, on repart vers l’Argentine et El Calafate.

Ciao les Torres !

D'autres coins grandioses nous attendent
Après un petit détour par Puerto Natales pour faire quelques courses et se connecter, nous passons la frontière sans problème. Nous essayons de prendre un raccourci par une piste qui s’avère très rapidement être la pire que l’on n’ait jamais prise si bien qu’au bout de quelques kilomètres, sachant qu’il en reste une soixantaine, nous faisons demi-tour. Stop à l’YPF d’Esperanza pour la nuit.
Au réveil, Ben tombe sur un cycliste de passage qui s’apprête à rejoindre le parc de Torres Del Paine. En voiture c’est compliqué, mais en vélo, il faut vraiment le faire. Chapeau !
De notre côté, nous rejoignons El Calafate sans encombre. La ville ne nous emballe pas plus que cela et nous décidons de rejoindre l’entrée du parc Los Glaciares qui protège entre autre celui qui nous sommes venu voir  l’immense glacier Perito Moreno !
On ne peut pas dormir juste à l’entrée mais on s’installe près d’un pont à quelques kilomètres. À la tombée de la nuit, on reçoit la visite du propriétaire de l’estancia voisine. Il s’agit d’un allemand qui a rencontré pas mal de problèmes ces derniers mois avec des vols de bétails, du coup, il est plus vigilant. A priori, El Calafate n’est pas si tranquille que ça… Mais il nous dit qu’il n’y a pas de problème à rester ici pour la nuit…



Pas mal le bureau...

Le lendemain, nous sommes à l’entrée du parc à 8h30, à l’ouverture. Avantage d’être autonomes, nous pourrons profiter un peu du site avant l’arrivée des nombreux bus… Le spectacle est magnifique. La hauteur du glacier, avant de tomber dans le lac, est de 50 à 70 mètres, et il s’étire sur plusieurs centaines de mètres de largeur…





La vue ainsi que les craquements incessants sont très impressionnants. On assiste en live à la chute d’énormes morceaux de glace et c’est grâce au décalage entre le son et l’image que l’on se rend compte de l’immensité du glacier. On ne se lasse pas de regarder, d’écouter, c’est magique. 


Imitation toute en finesse de la joie de certains touristes à la chute d'un morceau de glace ...

On restera d’ailleurs plus de 6 heures à parcourir toutes les passerelles et à profiter du bord de lac où des petits icebergs viennent fondre au soleil. On a adoré.


😊😊😊



La pêche au glaçon. C'est un peu comme essayer de récupérer le bout de coquille d'oeuf que tu as fait tomber dans le saladier en le cassant... Patience


Après en avoir bien profité, on repart, direction El Chalten, à plus de 200km. C’est loin, mais on sait que demain est une belle journée donc on voudrait faire une randonnée jusqu’aux pieds du...
« Fitz Roy »!! Ça motive bien.

1 commentaire:

  1. Merci pour le voyage, c'est toujours aussi magique et magnifique ! Prenez soin de vous et à très vite !

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